Marseille : Pr Didier Raoult

Poussé à la retraite !

Par Stéphany Gardier – Publié jeudi 19 août 2021 à 08h05, mis à jour hier à 19h47.

La mission d’information sur l’impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l’épidémie de coronavirus – covid 19 organise l’audition de Didier RAOULT, directeur de l’institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU) à l’Assemblée Nationale à Paris le 24/06/2020 Photo Jean-Christophe Marmara / Le Figaro

Pourquoi Didier Raoult est poussé à la retraite ? L’AP-HM et l’université d’Aix-Marseille souhaitent que le scientifique soit remplacé à la tête de l’IHU Méditerranée Infection.

L’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection pourrait voir son sulfureux directeur, le Pr Didier Raoult, passer la main avant la fin de l’année. Non que le microbiologiste, désormais célèbre pour ses travaux controversés sur l’hydroxychloroquine, se soit lassé de la recherche, mais deux des organismes fondateurs de l’IHU souhaitent proposer, dès le mois de septembre, au conseil d’administration de l’établissement de partir en quête d’un successeur à Didier Raoult, qui, à 69 ans, aurait atteint la limite d’âge à l’université. Un argument qui ressemble à un prétexte administratif saisit par l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et Aix-Marseille Université pour remplacer au plus vite le scientifique, dont on ne compte plus les prises de position iconoclastes sur la pandémie de Covid.

« Il y a un besoin de tourner une page et d’organiser l’avenir de l’IHU pour les vingt ans à venir. Il faut aller vite, lancer le processus à l’automne pour aboutir entre la fin de l’année et le début de 2022 », a expliqué au journal Le Monde François Crémieux, nouveau directeur de l’AP-HM, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions. Ancien directeur adjoint de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) il a été nommé à la tête de l’AP-HM en juin dernier. « Quand j’ai su que François Crémieux avait été choisi pour reprendre la tête de l’AP-HM, j’ai compris que certaines choses allaient changer, et qu’il n’y allait pas pour faire de la figuration », commente le Dr Bernard Jomier, sénateur de Paris. Le médecin avait auditionné Didier Raoult dans le cadre de la commission d’enquête du Sénat. Un échange qui avait été pour le moins tendu et qui avait valu des représailles au sénateur, qui confie avoir été « harcelé, menacé par des personnes de l’IHU ».

Pôles d’excellence : Nés sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, les IHU sont au nombre de six en France, chacun étant consacré à une thématique. Financés dans le cadre des programmes d’investissement d’avenir, ces instituts regroupant une université, un établissement de santé et des organismes de recherche avaient pour ambition de devenir des pôles d’excellence. Celui de Marseille avait bénéficié de plus de 150 millions d’euros lors de sa création.

« L’IHU Méditerranée était censé être le vaisseau amiral des maladies infectieuses en France, or cet institut est complètement parti à la dérive. Et ça ne date pas du Covid, cela a été pointé dès 2014, déplore Bernard Jomier. Au lieu d’être un lieu d’excellence, l’IHU de Marseille est devenu la boussole qui indique le sud. » En 2018, après une évaluation scientifique défavorable, le CNRS et l’Inserm avaient retiré leurs labels à deux laboratoires de l’IHU. Un camouflet pour Raoult.

Le nouveau directeur de l’AP-HM dénonce ouvertement l’implication de l’IHU dans la mouvance complotiste : « Que ce soit délibéré ou pas, l’Institut est devenu la caution scientifique du discours antivaccin, anti-passe, et nourrit la sphère complotiste. C’est une difficulté à laquelle il faut mettre un terme », a déclaré François Crémieux au Monde.

Que ce soit délibéré ou pas, l’Institut est devenu la caution scientifique du discours antivaccin, anti-passe, et nourrit la sphère complotiste

François Crémieux, nouveau directeur de l’AP-HM : Sur les réseaux sociaux, les fervents soutiens au Pr Raoult n’ont pas tardé à réagir, en lançant notamment le mot-dièse #TouchePasARaoult, peu après l’annonce de cette retraite, qui prendrait effet dès le mois de septembre selon Éric Berton, président d’Aix-Marseille Université. Dans la foulée, ils ont appris le départ du Dr Louis Fouché de l’AP-HM. Très impliqué dans le collectif anti-restrictions ReinfoCovid, le médecin réanimateur aurait demandé une mise en disponibilité. Une démarche qui fait cependant suite à un courrier de la direction de l’AP-HM condamnant ses dernières prises de paroles dans les médias, des propos « à l’opposé des principes moraux, éthiques, déontologiques et scientifiques de l’AP-HM », peut-on lire dans un communiqué de l’institution marseillaise. « Si l’AP-HM n’avait pas fermé les yeux durant si longtemps, on n’en serait pas là, insiste Bernard Jomier. Que les tutelles et tous ceux qui ont soutenu ces dérives assument leur responsabilité dans ce fiasco ! »

L’IHU pourrait subir des changements plus en profondeur, avec notamment une refonte de son comité d’administration. Une enquête, toujours en cours, avait mené en juin dernier à une perquisition à l’Institut. Elle porte sur des soupçons de conflits d’intérêts entre l’IHU et l’Institut de recherche pour le développement (IRD) dont le président de l’époque, Jean-Paul Moatti, également membre du conseil d’administration de l’IHU n’est autre que le mari de Yolande Obadia, présidente de l’Institut. « Il faut désormais des changements profonds si on veut sauver l’IHU, estime Bernard Jomier. Aux ministres Olivier Véran et Frédérique Vidal de prendre leurs responsabilités. Il serait plus que temps qu’ils sortent de leur silence jusqu’ici remarquable. »

Lire la Source : https://www.lefigaro.fr/sciences/les-membres-fondateurs-de-l-ihu-de-marseille-ne-veulent-pas-prolonger-le-mandat-de-didier-raoult-20210819

© par Bernard TRITZ

Chevaliers de l’Ordre du Saint-Sépulcre

Par Marie-Liévine Michalik – Publié le jeudi 19 août 2021 à 06h30.

Les chevaliers n’utilisent plus leurs armes. Leur mission est avant tout financière et spirituelle. Élodie Mézière / LE FIGARO

« Pour la gloire du Christ et au service des chrétiens de Terre Sainte ! »

LES CONFRÉRIES : Vêtus d’une longue cape blanche brodée aux fils rouges ou d’une dentelle noire pour les dames, 30.000 hommes et femmes d’une trentaine de nationalités s’engagent, dans l’héritage des Croisés, à vivre aujourd’hui les valeurs chevaleresques.

« Je déclare et je promets, de bouche et de cœur, à Dieu Tout-Puissant, à Jésus-Christ son fils et à la Bienheureuse Vierge Marie, à observer, avec prière et modestie, les constitutions de l’Ordre du Saint-Sépulcre ». Ludovic avait 30 ans lorsque l’épaisse épée s’est déposée sur chacune de ses épaules. « Recevez ces éperons, symbole de notre ordre, en l’honneur et à la gloire du Saint-Sépulcre ». Le Toulousain, à l’accent bien marqué, a ainsi été adoubé chevalier, loin des pierres brûlantes de Jérusalem et de la horde de Croisés sous les ordres de Godefroy de Bouillon en 1099. Ce jour d’automne 2005, « resté gravé dans sa mémoire », il s’est inscrit dans la lignée millénaire des chevaliers de l’Ordre du Saint-Sépulcre. Comme lui, 30.000 hommes et femmes d’une trentaine de nationalités portent fièrement la croix de Jérusalem, symbole de leur engagement.

Leur cape blanche et la croix de Jérusalem brodée de rouge rappellent sans aucun doute cet héritage. L’ordre du Saint-Sépulcre, autrement appelé l’ordre des chevaliers de Jérusalem, trouve son origine vers 1135, une trentaine d’années après la prise de la ville sainte. Conquises dans un bain de sang, les terres ont été partagées en quatre pour former les États latins et le Royaume de Jérusalem. Installés pendant deux centaines d’années, les chevaliers accompagnés de nobles, ont pris goût au raffinement oriental, sans pour autant oublier leur mission première qui est de servir la chrétienté. Nombre d’entre eux vont donc se retrouver au pied du tombeau du Saint-Sépulcre, où Jésus a été déposé dans son linceul puis Ressuscité, selon les Évangiles.

Guerres et conquêtes s’enchaînent, les terres s’acquièrent puis se perdent successivement aux mains des Turcs et des Croisés. L’Ordre prend de l’ampleur, et le sacré s’intensifie aux dépens des armes. À partir du XVIᵉ siècle, c’est le Custode de Terre Sainte, supérieur des franciscains et gardien du Saint-Sépulcre, qui les adoube toujours selon les rites chevaleresques. Poussés par cette volonté de vivre une foi pure, des religieux, autrefois exclus de la chevalerie, viennent compléter les rangs. S’ensuit donc une longue époque « franciscaine », cadencée par les pèlerinages de chrétiens du monde entier. Un certain François-René de Chateaubriand y usera même ses chaussures de cuir en 1806. « J’aperçus enfin moi-même cette montagne comme une tache ronde au-dessous des rayons du soleil. Je me mis alors à genoux à la manière des Latins. […] La vue du berceau des Israélites et de la patrie des chrétiens me remplit de crainte et de respect. J’allais descendre sur la terre des prodiges, aux sources de la plus étonnante poésie, aux lieux où, même humainement parlant, s’est passé le plus grand événement qui ait jamais changé la face du monde, je veux dire la venue du Messie », écrit-il dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem, publié en 1811.

Ce n’est qu’en 1847, lors de la restauration du Patriarcat latin de Jérusalem que le pape Pie IX décide de confier à l’Ordre la mission de soutenir les œuvres et institutions cultuelles, caritatives, culturelles et sociales de l’Église catholique en Terre Sainte. Toujours drapés de blanc et rouge, les chevaliers quittent définitivement les armes pour se mettre au service des chrétiens d’Orient.

Lire la Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/chevaliers-de-l-ordre-du-saint-sepulcre-pour-la-gloire-du-christ-et-au-service-des-chretiens-de-terre-sainte-20210819

© par Bernard TRITZ