Retraites : pouvoir d’achat en baisse !

Par Marie-Cécile Renault – Publié le lundi 20 septembre 2021 à 20h10. Mis à jour il y a 4 minutes.

Serious mature couple calculating bills to pay, checking domestic finances, middle aged family managing, planning budget, expenses, grey haired man and woman reading bank loan documents at home – Compte tenu de la poussée de l’inflation qui a atteint 2,2% le mois dernier, la revalorisation des pensions pourrait être supérieure, entre 1,5% et 1,7%. fizkes – stock.adobe.com

Nouvelle perte de pouvoir d’achat en vue pour les retraités : La part complémentaire des 13 millions d’affiliés à l’Agirc-Arrco va augmenter moins vite que l’inflation.

Les 13 millions de retraités du privé avaient été prévenus dès juillet 2021 : ils vont de nouveau perdre un peu de pouvoir d’achat le 1er novembre prochain, car leur retraite complémentaire ne va pas suivre totalement la hausse des prix. Cet été, le patronat et deux syndicats (CFDT et CFTC) se sont en effet mis d’accord pour sous-indexer à nouveau, durant deux ans, les pensions, jusqu’à 0,5 point en dessous de l’inflation, alors qu’ils ne pouvaient le faire jusqu’à présent que de 0,2 point au maximum. Et ce, afin de redresser les comptes du régime, frappé de plein fouet par la crise sanitaire. Ce sera désormais au conseil d’administration de l’Agirc-Arrco, qui se réunit le 7 octobre, de décider d’activer, ou non, la mesure couperet dès le mois suivant.

Tablant cet été sur une inflation de 1,4 %, les partenaires sociaux se donnaient ainsi la possibilité de limiter la revalorisation des pensions à 0,9 %, soit moins que l’augmentation des prix mais en hausse tout de même. Pour la retraite complémentaire moyenne, d’un montant de 485 euros par mois, cela représenterait une perte virtuelle (une moindre augmentation) de 3 euros par mois. Bien sûr, l’impact est beaucoup plus fort pour les cadres, dont la pension complémentaire représente environ 60 % de la retraite, contre 30 % pour les plus modestes.

Finalement, compte tenu de la poussée de l’inflation qui a atteint 2,2 % le mois dernier, la revalorisation des pensions pourrait être supérieure, entre 1,5 % et 1,7 %. « Le conseil d’administration doit utiliser dans ses simulations l’évolution des prix qui est évaluée par référence à la dernière prévision pour l’année en cours publiée par l’Insee : 1,4 % à ce stade. Si l’inflation réelle de 2021 était différente, le conseil aurait la capacité de corriger l’écart en 2022 », indique prudemment Didier Weckner, président de l’Agirc-Arrco.

« L’inflation est un moyen de réduire les droits des retraités sans que ça se voie. Les pensions continuent certes à augmenter mais moins vite que les prix, observe Bruno Chrétien, président de l’Institut de la protection sociale. Les retraités sont perdants, leur pouvoir d’achat est rogné, mais il est vrai qu’ils ont aussi été moins pénalisés durant la crise du Covid que les salariés ».

Reconstituer les réserves : Cette mesure s’impose car, à peine revenu dans le vert en 2019, après dix années de déficits, l’Agirc-Arrco a replongé dans le rouge en 2020, plombé par la crise sanitaire et surtout par le recours massif au chômage partiel qui l’a privé de cotisations. Un choc que le régime (13 millions de retraités, 23 millions de cotisants) a absorbé grâce à ses copieuses réserves, mais qui pourrait mettre en péril sa « règle d’or » : toujours disposer d’au moins six mois d’avance, à un horizon de quinze ans.

Si la revalorisation des pensions venait à être plus importante sous l’effet de l’inflation, l’accord de juillet serait-il suffisant pour permettre au régime de retrouver l’équilibre financier ? « Si l’inflation est forte, cela signifie que les salaires vont augmenter et que davantage de cotisations sociales vont entrer dans les caisses, ce qui est bon pour le régime », répond Didier Weckner.

Alors que la place du paritarisme dans la future réforme des retraites est incertaine, les partenaires sociaux gestionnaires du régime Agirc-Arrco veulent se montrer exemplaires et responsables dans le pilotage du régime. Ils soulignent d’ailleurs que, malgré la pandémie, le régime n’a produit aucune dette. Ce qui n’est pas le cas de l’assurance-vieillesse (la retraite de base), qui s’est endettée et dont la charge est désormais portée par la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades).

Lire la Source : https://www.lefigaro.fr/retraite/nouvelle-perte-de-pouvoir-d-achat-en-vue-pour-les-retraites-20210920

© par Bernard TRITZ

Capture du lundi 20 septembre 2021 à 20h20

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