Éric Zemmour : profil potentiel électeur

Par Quentin Laurent – Publié le dimanche 17 octobre 2021 à 06h54

Éric Zemmour, ici à Toulon (Var), le 17 septembre 2021, attire des personnes plutôt âgées, aisées et des cadres, alors qu’il fait de faibles scores chez les jeunes, les ouvriers et les moins diplômés. LP/Frédéric Dugit

Sondages : quel est le profil du potentiel électeur d’Éric Zemmour ? : Les enquêtes d’opinion permettent de cerner l’origine politique et sociologique des intentions de vote Zemmour à la présidentielle de 2022. Et d’interroger les limites de sa stratégie.

Voilà plus d’un mois qu’Éric Zemmour est testé dans les sondages en vue de la présidentielle, et que les personnes interrogées se déclarant aujourd’hui prêtes à voter pour lui sont, en proportion, plus nombreuses (de 14 à 17 %). Au-delà de la fragilité de telles courbes (liée à l’échantillon encore faible des sondés, dans une période où l’offre présidentielle n’est pas figée), les enquêtes d’opinion parues communiquent des informations sur le profil du potentiel électeur Zemmour. Et sur sa stratégie.

Dans notre dernier sondage Ipsos paru début octobre, l’essayiste identitaire attirait 24 % des électeurs de François Fillon 2017, ainsi que 26 % de ceux de Marine Le Pen pour la même élection (proportions semblables chez d’autres sondeurs), en cohérence avec son ADN à la fois conservateur sociétalement, et son positionnement contestataire. Pourtant, quand on se projette à nouveau vers 2022, « il prend pour l’instant surtout des voix à Marine Le Pen. Et s’il se positionne en point d’équilibre des droites, jusqu’ici le socle de LR résiste plutôt bien », commente Frédéric Micheau, directeur général adjoint de l’institut OpinionWay. « C’est parce qu’une partie de l’électorat de Fillon 2017 a depuis en partie basculé chez Marine Le Pen », tente d’expliquer Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos.

D’un point de vue sociologique, le sondé pro-Zemmour ressemble pourtant davantage à l’électeur de Xavier Bertrand que celui de Marine Le Pen. Dans ses intentions de vote, « on retrouve une sociologie typique de l’électeur de droite. Il est bon chez les personnes plutôt âgées (50-65 ans, 65 et plus), les catégories aisées, les cadres, les diplômés mais aussi chez les propriétaires sans emprunt », détaille Mathieu Gallard. « Et il est faible chez les jeunes, les ouvriers et les moins diplômés », poursuit Frédéric Dabi de l’Ifop. Là où justement, Marine Le Pen performe. L’ancien journaliste du Figaro attire aussi deux fois plus de sondés hommes que de femmes.

« S’il prend les voix de Le Pen et le plafond de verre qui va avec, ça ne fonctionnera pas » : L’hypothèse formulée par plusieurs sondeurs, c’est qu’Éric Zemmour attirerait d’anciens électeurs déçus de la droite, par Nicolas Sarkozy puis François Fillon, qui ont progressivement glissé vers l’abstention ou vers Marine Le Pen depuis 2012. Et dont certains seraient prêts à refluer… mais vers l’offre Zemmour. « Les gains de Marine Le Pen ces dernières années se sont faits aux dépens de LR. Il pourrait y avoir une forme de retour inversé », abonde Frédéric Micheau d’OpinionWay. « Zemmour prend les électeurs que nous devrions récupérer. Aujourd’hui il ne réduit pas la droite, mais il assèche son potentiel de gain », analysait il y a quelque temps un stratège de LR. « Les jeunes qui gravitent autour de Zemmour, ils sont tous passés par les Jeunes Pop ! » illustre un élu LR, ancien cadre de la jeunesse UMP époque 2010.

Conscient qu’il rogne surtout sur Marine Le Pen, Zemmour essaie d’ancrer davantage son discours à droite, multiplie les références au RPR. « C’est son obsession du moment. Car s’il prend les voix de Le Pen et le plafond de verre qui va avec, ça ne fonctionnera pas », confie un cadre de LR qui connaît bien la galaxie Zemmour. « Mais il aura du mal à percer dans les classes populaires, il fait trop intellectuel parisien », parie le même. « Mais la thématique immigration peut parler à l’électorat populaire… » avertit Frédéric Micheau.

Éric Zemmour aimerait aspirer les voix des deux pôles LR/RN : « La dynamique derrière Zemmour est claire, mais ça ne veut rien prédire à 7 mois de l’élection. Il n’a pas de socle électoral aussi solide que les autres (LR et RN), il faut être prudent », insiste Mathieu Gallard d’Ipsos. « Il est trop tôt pour parler de dynamique électorale, on est en phase de précampagne », estime de son côté Frédéric Micheau, qui rappelle que les catégories populaires se désintéressent pour l’instant du scrutin, ce qui peut tendre à défavoriser, entre autres, le RN, dans les intentions de vote.

Lire la Source : https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/sondages-quel-est-le-profil-du-potentiel-electeur-deric-zemmour-17-10-2021-FKDE22AAQFCX7BUDBAFVMZ4COE.php

© par Bernard TRITZ

Une réflexion au sujet de « Éric Zemmour : profil potentiel électeur »

  1. Toute la Presse s’enflamme sur le sujet.
    Qui est le chef d’orchestre ?
    Eh oui, le locataire de l’Élysée sûrement !
    Pour affaiblir les candidats qui ne feront pas d’alliances, soit à admettre qu’avec 15 à 20% d’électeurs au premier tour il est à peu près certain d’être réélu.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s