Zemmour : Maghreb, onde de choc !

Par Benoît Delmas – Publié le 31/10/2021 à 10h20 – Modifié le 31/10/2021 à 17h16

Éric Zemmour pas de faux semblants !

Maghreb – l’onde de choc Zemmour : LETTRE DU MAGHREB. « L’Islam est une religion totalitaire », « grand remplacement » : le futur candidat cible populations et pays d’Afrique du Nord. Un risque pour l’image de la France ?

La présidentielle française se jouera-t-elle à Alger, Rabat et Tunis ? : Le centre de gravité de l’élection clé de la Ve République s’est-il déplacé avec carte et territoires au Maghreb ? Exagéré, mais possible. Depuis le 15 septembre, date de parution de La France n’a pas dit son dernier mot d’Éric Zemmour, le débat public et politique tricolore s’est embrasé autour de « l’islam », des « musulmans » et de la façon d’expulser les immigrés en situation irrégulière ou en prison. Dans le collimateur ? L’Algérie, le Maroc et la Tunisie qui montreraient peu d’empressements à reprendre leurs ressortissants expulsés. Depuis six semaines, sons et images, made in France, circulent abondamment en Afrique du Nord, car ce qui enflamme les plateaux parisiens migre d’un téléphone à l’autre. Les thèmes imposés par le polémiste Zemmour concernent au premier plan une région étroitement imbriquée avec la France : le Maghreb. Cinq pays (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), cent millions d’habitants, arabes, musulmans, africains. Avec l’ex-puissance coloniale, les rapports économiques et sécuritaires sont à un bon niveau, balance commerciale quasi équilibrée pour chacun. Avec Rabat et Tunis, on commerce, on échange, on collabore. Avec Alger, tout dépend de la situation politique intérieure. L’irruption de cet histrion familier des petits écrans se fait sur lancer de catapulte sur le fait religieux. La rhétorique développée autour « d’il ne peut exister d’islam modéré » traverse la Méditerranée pour se retrouver en une des quotidiens francophones (« Macron ‘’zemmourise’’ sa politique »), en sujet choisi des conversations des élites, des tendances sur les réseaux sociaux. Vulgairement, on nomme cela le buzz.

« Qu’est-ce qui se passe en France ? » : Le tohu-bohu qui monte du village d’Astérix aurait pu être conjoncturel, il devient structurel à force de sondages. Les propos anti-islam (« Nous devons reforger dans l’adversité un peuple français. Et désigner l’ennemi : l’Islam », écrivait le journaliste dans le premier chapitre d’Un quinquennat pour rien) sont crédités de 16-17 % d’intentions de vote selon plusieurs sondages. Selon le thermomètre, un Français sur six partage les idées du polémiste. Dans une région où chacun est musulman, où même les communistes font la prière, des phrases comme « pour l’Islam, la France est un bloc, un bloc à rejeter dans les flammes de l’enfer » forment une petite musique qui inquiète, qui conforte certains camps sur « une islamophobie française », un « franc-parler » qui instruit le doute. Ses ouvrages sont vendus au Maghreb, on peut les trouver en tête de gondole dans la banlieue nord de Tunis sans que cela ait une signification disproportionnée. Les Français de l’étranger ne sont pas des zélotes du vote. Au second tour de la présidentielle de 2017, Marine Le Pen obtenait son meilleur score au Maroc : 7,78 %. Exit Dupont-Lajoie. Dans les milieux diplomatiques, on méprise le sujet. « Pas d’actualité », dit-on. Pour l’anecdote, dans une instructive biographie, Le Radicalisé, Étienne Girard révèle que « depuis plus de vingt ans, il entretient une correspondance suivie avec François Gouyette, l’ambassadeur de France en Algérie ». Sur ses terres d’élection, la France demeure l’un des premiers partenaires du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, ce qui n’empêche pas Paris d’être concurrencé par la Chine, la Turquie… Pékin ne se mêle ni de droits de l’homme ni de religion quand Ankara commerce tout en se voulant la capitale des Frères musulmans. La précampagne présidentielle aura donné matière à de nombreux articles inquiets dans la presse étrangère. Au Maghreb, cible numéro un du potentiel candidat Zemmour, on regarde avec inquiétude un partenaire de toujours tenir en son sein des propos blessants. Ce qui se joue en France a des répercussions à l’extérieur de ses frontières. Les propos d’un probable candidat pourraient devenir source de tracas lorsque sa candidature sera effective. Le nord de l’Afrique observera alors avec une attention redoublée les idées qui se développent sur le flanc sud de l’Europe. Turbulences à prévoir.

Lire la Source : https://www.lepoint.fr/afrique/maghreb-l-onde-de-choc-zemmour-31-10-2021-2449977_3826.php

© Par Bernard TRITZ

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