Covid 19 – 5ème vague !

Par Cécile Thibert – Publié hier mercredi 24 novembre 2021 à 18h14 – Mis à jour le jeudi 25 novembre 2021 à 09h25.

La magie de noel s’est installe sur les Grands Boulevards a Paris. La foule est au RDV devant les vitrines animees. The magic of Christmas has settled on the Grands Boulevards in Paris. The crowd is at the RDV in front of the animated shop windows. Sandrine Mulas / Hans Lucas via Reuters Connect

Covid-19 : pourquoi y a-t-il une cinquième vague alors que nous sommes très majoritairement vaccinés ? : Même si l’épidémie repart, la situation n’a rien à avoir avec l’année dernière. Le 23 novembre 2020, les hôpitaux français comptaient ainsi 31.500 malades du Covid, contre 8525 actuellement. Les services de réanimation accueillaient environ 4400 patients, contre 1450 aujourd’hui.

DÉCRYPTAGE – Désormais, 90% des 12 ans et plus ont reçu deux injections en France. Une couverture vaccinale exceptionnelle qui aurait dû augurer un hiver tranquille. Ce qui n’est pas le cas.

Ce devait être le ticket pour un retour à nos vies d’avant, la promesse d’atteindre l’immunité de groupe… Mais près d’un an après le lancement de la campagne de vaccination, il faut se rendre à l’évidence : nous ne sommes pas encore complètement tirés d’affaire. Après un été relativement tranquille sur le front de l’épidémie, voilà qu’une nouvelle vague – la cinquième en France – submerge peu à peu l’Europe. Une vague qui, selon le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy, va avoir un « impact important » d’ici la fin de l’année.

Pourtant, la population française – dont on a longtemps pensé qu’elle était réfractaire – a largement consenti à se faire vacciner. À l’heure où nous écrivons ces lignes, 90% des plus de 12 ans ont en effet reçu leurs deux doses. Une population en grande majorité vaccinée mais des hôpitaux qui continuent de se remplir… Comment expliquer ce paradoxe ?

Les raisons de la reprise épidémique : La recette de cette nouvelle vague repose sur quatre ingrédients : un virus plus contagieux, une météo favorable à la circulation des microbes, un relâchement des gestes barrière et un vaccin qui n’empêche pas totalement de transmettre le virus – et dont l’efficacité baisse au cours du temps.

« Il est vrai que la situation actuelle est une déception autant qu’un sujet d’étonnement », concède le Pr Michel Cogné, immunologiste à l’université et au CHU de Rennes. « Mais il faut avoir en tête que nous nous sommes vaccinés contre le virus originel alors que nous sommes maintenant confrontés au variant Delta, beaucoup plus contagieux ». Identifié pour la première fois en Inde en décembre 2020, ce variant est désormais majoritaire dans le monde. La communauté scientifique estime qu’il est deux à cinq fois plus contagieux que le virus qui circulait début 2020.

Il faut avoir en tête que nous nous sommes vaccinés contre le virus originel alors que nous sommes maintenant confrontés au variant Delta, beaucoup plus contagieux : Pr Michel Cogné, immunologiste à l’université et au CHU de Rennes

Cela modifie forcément un peu la donne. « Les vaccins à ARN messager, qui affichaient des taux d’efficacité de plus de 90% sur le virus initial, sont très probablement un peu moins efficaces sur le variant Delta », souligne Claude-Agnès Reynaud, immunologiste et directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

En plus de cela, l’immunité conférée par cette vaccination n’est pas éternelle, tout comme celle acquise à la suite d’une infection « naturelle ». « À partir d’environ six mois après la primo-vaccination (les deux premières doses, NDLR), une partie de la population commence à être moins bien protégée », rapporte Marie-Paule Kieny, virologue et présidente du Comité vaccin Covid-19. « Toutefois, la protection contre les formes sévères reste encore très bonne chez les personnes de moins de 65 ans après six mois », précise la scientifique.

En France, près de 11 millions de personnes ont été complètement vaccinées il y a plus de six mois, essentiellement des personnes âgées et/ou vulnérables. Ce qui signifie qu’avant le lancement de la campagne de rappel vaccinal (troisième dose), environ 20% des personnes vaccinées étaient potentiellement bien moins protégées que dans les semaines qui ont suivi leur seconde injection.

Tout cela mis bout à bout fait que le virus dispose encore d’un important réservoir pour circuler : Claude-Agnès Reynaud, immunologiste et directrice de recherche à l’Inserm

« Il faut aussi prendre en compte qu’il y a des gens qui répondent peu ou mal au vaccin dès le départ, il y a une très grande variabilité individuelle au niveau de la réponse immunitaire », souligne Claude-Agnès Reynaud. « À cela s’ajoutent les quelques 10% de personnes non vaccinées en France. Tout cela mis bout à bout fait que le virus dispose encore d’un important réservoir pour circuler ».

D’autre part, la saison hivernale est plus propice à la propagation des virus (nous sommes davantage confinés, nous aérons moins, les conditions sont plus favorables au maintien des aérosols en suspension, etc…). Tous les ingrédients sont donc réunis pour une recrudescence épidémique.

À l’international, la vague dépend du taux de vaccination : Cela ne signifie pas pour autant que la vaccination n’a servi à rien. Il suffit pour cela de comparer la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement avec celle de l’année dernière. Le 23 novembre 2020, les hôpitaux français comptaient 31.500 malades du Covid, contre 8525 actuellement. Les services de réanimation accueillaient environ 4400 patients, contre 1450 aujourd’hui. Et cela alors que le virus qui circulait à ce moment-là était bien moins contagieux et que les bars, les restaurants, les salles de concert, bref, tous les lieux de socialisation étaient fermés.

Aujourd’hui, avec un virus beaucoup plus transmissible et l’absence quasi-totale de mesures de restriction, la situation est bien moins grave. Certes, l’épidémie repart, mais à des niveaux bien inférieurs à ceux que l’on a connus. Une différence qui ne peut qu’être attribuée à la vaccination de masse.

« La gravité de cette vague dépend strictement du taux de vaccination des pays », affirme Claude-Agnès Reynaud. « La France s’en sort bien, le Royaume-Uni un peu moins car ils cumulent deux choses : ils sont un petit peu moins vaccinés (80,3% des plus de 12 ans) et ils ont surtout utilisé le vaccin d’AstraZeneca, qui est un peu moins efficace. Quant à l’Europe de l’est, c’est assez dramatique ». Des pays comme la Bulgarie, la Croatie, la Serbie ou la Roumanie présentent en effet des taux de vaccination qui ne dépassent pas 50%, voire 30% pour certains.

La France s’en sort bien, le Royaume-Uni un peu moins car ils cumulent deux choses : ils sont un petit peu moins vaccinés (80,3% des plus de 12 ans) et ils ont surtout utilisé le vaccin d’AstraZeneca, un peu moins efficace. Quant à l’Europe de l’Est, c’est assez dramatique : Claude-Agnès Reynaud, immunologiste et directrice de recherche à l’Inserm

L’Autriche – qui vient d’annoncer un nouveau confinement jusqu’au 13 décembre pour faire face à une flambée des cas – détient l’un des plus faibles taux de vaccination d’Europe de l’Ouest (autour de 66%). Le pays a récemment décidé de rendre la vaccination obligatoire, sans préciser à quelle date pour le moment. Quant à l’Allemagne, qui a également fait parler d’elle ces derniers jours, elle affiche un taux de vaccination de 76,6% chez les 12 ans et plus, contre 90% en France.

« S’il n’y avait pas la vaccination, nous serions en plein tsunami, le pays serait par terre », estime le Pr Michel Cogné, immunologiste au CHU de Rennes. « Certes, nos services se remplissent, mais cela reste contenu pour le moment. Et les patients que nous accueillons actuellement sont très largement non vaccinés », renchérit le Pr Jean-Marc Tadié, médecin réanimateur au CHU de Rennes.

S’il n’y avait pas la vaccination, nous serions en plein tsunami, le pays serait par terre : Pr Michel Cogné, immunologiste à l’université et au CHU de Rennes

Une observation locale que l’on ne retrouve toutefois pas à l’échelle nationale. Selon les dernières données de la Drees, le service statistique du ministère de la Santé (la Drees), il y a désormais un peu plus de malades du Covid vaccinés que de non vaccinés à l’hôpital. Mais les chiffres bruts sont trompeurs. Car quand on les rapporte respectivement au nombre total de personnes vaccinées et non vaccinées, il en ressort que les non-vaccinés sont en fait surreprésentés à l’hôpital. Alors qu’ils ne représentent en effet qu’une minorité de la population, ils pèsent pour près de la moitié des malades hospitalisés. La Drees estime ainsi qu’à taille de population comparable, il y a eu 9 fois plus d’entrées en réanimation lors de la dernière semaine d’octobre parmi les personnes non vaccinées que chez celles complètement vaccinées. Même chose pour les décès.

Reste que la vague d’hospitalisations qui débute en France s’explique en partie par le fait qu’une petite part des personnes vaccinées tombent gravement malades. Un phénomène attendu, étant donné que le vaccin n’est pas efficace à 100% et que son efficacité a été amoindrie à cause des éléments évoqués plus tôt.

Toutefois, « les cas augmentent beaucoup mais on ne voit pas la même tendance au niveau des hospitalisations et des décès, ce n’est plus corrélé comme en 2020 », souligne Marie-Paule Kieny. « Quant au pourcentage de décès, il n’a rien à voir avec celui des vagues précédentes. L’objectif premier de la vaccination, qui est de protéger contre les formes sévères, reste rempli ».

Le problème maintenant est que l’hôpital est encore plus affaibli qu’au début de la pandémie, en raison d’une pénurie de personnels. Une épidémie de Covid-19 de moindre ampleur à laquelle viendrait s’ajouter une épidémie de grippe fait craindre une situation compliquée cet hiver.

La troisième dose pour renforcer le bouclier immunitaire : Désormais, tous les espoirs reposent sur la troisième dose, destinée à éviter que le bouclier immunitaire ne craque. « Pour un immunologiste, la nécessité d’administrer une troisième dose est une évidence scientifique », indique Claude-Agnès Reynaud. « Il est normal que l’immunité baisse dans le cadre d’un schéma vaccinal à deux doses très rapprochées, comme cela a été fait avec les vaccins à ARN messager. Plus vous espacez les doses, plus la vaccination est efficace. Mais on a fait le choix de ne pas laisser les gens sans protection pendant des mois en vaccinant à seulement quelques semaines d’intervalle. En réalité, les deux premières injections que nous avons reçues correspondent à une primo-vaccination. La troisième dose s’apparente finalement à une seconde dose ».

Plus vous espacez les doses, plus la vaccination est efficace. Mais on a fait le choix de ne pas laisser les gens sans protection pendant des mois en vaccinant à seulement quelques semaines d’intervalle : Claude-Agnès Reynaud, immunologiste et directrice de recherche à l’Inserm

Cela veut-il dire qu’un rappel vaccinal sera nécessaire tous les 6 mois ? « J’espère bien que non », lâche Marie-Paule Kieny, présidente du Comité vaccin. « Le niveau d’immunité obtenu après un rappel est plus élevé qu’après la primo immunisation. On peut espérer que cette immunité sera plus longue ». Néanmoins, il n’est pas exclu que les plus vulnérables doivent se revacciner régulièrement, un peu comme pour la grippe. « Personne ne pense plus qu’il est possible d’empêcher ce virus de circuler. Cependant, on peut espérer arriver à une situation où le pouvoir de nuisance de ce virus sera très faible en protégeant les plus vulnérables par la vaccination ». En somme, une cohabitation pacifique avec un virus que l’on aura appris à dompter.

Lire la Source : https://www.lefigaro.fr/sciences/pourquoi-y-a-t-il-une-cinquieme-vague-alors-que-nous-sommes-tres-majoritairement-vaccines-20211124?utm_source=CRM&utm_medium=email&utm_campaign=[20211125_NL_ACTUALITES]&een=86641ea8c294d5c7be9a97f7f353f771&seen=2&m_i=nPTnc6CMncTVzvHdbYg0pWsWQ4lSze73PpEImFRpX5uUSplld0bg4Y69XmY9JCm1Iko30xlZs%2BnhZvgyWiUtmvFSIqUcHPLTnb

© par Bernard TRITZ

3 réflexions au sujet de « Covid 19 – 5ème vague ! »

  1. Nous ne sommes pas sortis de l’ornière où la Chine nous a plongé toutes et tous !
    Est-ce à reconnaître que nos enfants devront porter des combinaisons isolantes du monde extérieur. Monde extérieur pourri par les chinois de Wuhan.
    Sans qu’ils soient inquiétés le moins du monde !
    Quels sont les complices ?
    Réfléchissons !

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  2. Bah pourquoi le virus s’en irait ? Avons nous changé quoique ce soit à nos comportements idiots en temps que terrien azimutés ? Non ? Bah la nature, la terre, la vie, les dieux et les démons disent ça suffit les conneries…et là encore ils sont gentils encore ils pourraient bien faire pire !

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    1. Vous avez raison Patrick. Ces faits interrogent.
      Lors du conflit dans les Balkans : certains acteurs de génocides furent traduits devant le TPI pour plusieurs dizaines de milliers de personnes ou victimes.
      Pour 5,17 Millions de morts : La Chine n’est pas inquiétée, ni isolée.
      Quel fut le rôle de la France ? Pour ce Labo de Wuhan ?
      La Chine et le transfert des technologies — — —
      Bonne fin de journée à vous !

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